29/11/2012

La crise expliquée aux nuls (humour)

La crise ...

QUAND CA Y EN A BIEN EXPLIQUE, TOI Y EN A TOUT COMPRENDRE
     
Comment en est-on arrivé là ?

Marcel est propriétaire d'un bistrot. Il réalise soudain que tous ses clients 
sont des alcolos qui n'ont pas le temps de bosser et ne peuvent donc plus 
fréquenter son comptoir, car ils ont vite dilapidé leur RSA.
Il imagine alors un plan marketing génial : "Picole aujourd'hui, paie plus tard".

Il tient rigoureusement à jour son ardoise de crédits, ce qui équivaut donc à 
consentir un prêt à ses clients.
Chiffre d'affaires et bénéfices explosent et son bistrot devient vite, sur papier, 
le plus rentable de la capitale.

Les brasseurs et grossistes se frottent les mains, et allongent bien volontiers 
les délais de paiement.
Les clients de Marcel s'endettant chaque jour davantage acceptent sans 
rechigner des augmentations régulières du prix du godet, gonflant ainsi 
(toujours sur papier) les marges du bistrot.

Le jeune et dynamique représentant de la banque de Marcel, se rendant 
compte que ce tas de créances constitue en fait des contrats à terme (Futures) 
et donc un actif, propose des crédits à Marcel avec les créances-clients en 
garantie.

Sa trouvaille géniale vaut au banquier visionnaire un plantureux bonus.

Au siège de la banque, un trader imagine alors un moyen pour se faire de belles 
commissions: ils convertit les dettes en PICOLOBLIGATIONS. Les Picolobligations 
sont alors "titrisées" (converties en paquets de titres négociables) afin d'être 
vendues sur le marché à terme.    

Confiants à l'égard de leur banquier et avides de hauts rendements, les clients ne 
captent pas que ces titres qui leur sont fourgués comme "obligations AA", ne sont 
en fait que les créances bidons d'alcolos feignasses.

Les Picolobligations deviennent la star des marchés, on se les arrache et leur valeur 
crève tous les plafonds.

Un beau matin, un "risk manager" oublié dans les caves de la banque se réveille et 
signale qu'il est temps de demander à Marcel que ses clients règlent leur ardoise.

Marcel essaie, mais ses clients ne bossant pas, ... bernique ! La banque exige alors 
le remboursement du crédit et le bistrot fait logiquement faillite, vire ses employés 
entraînant la faillite de ses fournisseurs en bibine qui, à leur tour, virent également 
leurs employés.

Le cours des Picolobligations chute brutalement de 90%.
La dépréciation de cet actif vaporise les actifs et donc les liquidités de la banque. 

Problemos : sa banqueroute ruinerait trop d'électeurs ("too big to fail" qu'on dit)
La banque est donc renflouée par l'Etat.
Ce renflouement est financé par de nouvelles taxes prélevées chez des employés, les classes moyennes et un tas de gens qui bossent, ne picolent pas, qui n'ont jamais mis les pieds dans le bistrot du Marcel...

Compris ? Continue de bosser !

10:51 Écrit par FINARGis dans Finances - Marchés | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Belle parodie ! Mais tellement vrai.

Écrit par : Martine | 29/11/2012

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Grosse déception : l'humour n'a jamais fait bon ménage avec le populisme.
Les titulaires du RSA, alcoolo ou non, n'ont rien à voir dans la crise des subprimes (le RSA ça n'existe même pas aux USA IOI).
Des tas de non contribuables (employés ou ouvriers) ont payés de leurs emplois les conséquences de ces errements bancaires. Malgré le tropisme ambiant sur les "contribuables" ne les oublions pas du paysage.

Bref un post pas génial qui n'a pas sa place sur ce blog plutôt bien tenu et intéressant d'habitude.

Écrit par : Claude | 30/11/2012

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Désolé si nous avons choqué des lecteurs. Telle n'était certainement pas notre intention. Nous avons voulu, pour une fois, verser dans le deuxième degré en essayant de décrire la situation avec dérision. Ce n'était peut-être pas une bonne idée ni les bons exemples.
Toutes nos excuses.
Merci pour votre compliment relatif à notre blog et à son contenu (à l'exception de la touche d'humour que nous avons essayé d'apporter).
L'equipe FINARGis

Écrit par : FINARGis | 30/11/2012

J'ai repris votre post sur mon blog et Claude a eu la même réaction que sur votre site.
En ce qui me concerne, je continue à apprécier votre billet !
Merci encore !

Ci-dessous, ma réponse à Claude postée sur mon blog :
Ah Claude ! Si ma compassion, ma peine, pouvait soulager ceux qui ont perdu leur emploi à cause de cette crise ou les contribuables, sans aucun doute, je serais compassé et peiné !
Hélas, ça ne servirait à rien ! Donc, je fais un autre choix. « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer » (Pierre-Augustin Caron de BEAUMARCHAIS). Je voulais citer Hara-Kiri mais Beaumarchais fait plus sérieux.
La « démonstration » faite dans cet article montre comment ceux qui devraient être des élites peuvent avoir des raisonnements absurdes. En ce sens l’article peut passer pour populiste (la critique des élites). Soit. Cependant, à y regarder de plus près, « l’alcolo titulaire du RSA » est une figure (un symbole ?) de quelqu’un de fragile. Comment se fait-il, dès lors, que tout un système soit bâti autour de ce personnage économiquement faible ? C’est pourtant ce qu’on fait les financiers.
Les plus fragiles de nos sociétés ont été l’objet d’un jeu spéculatif malsain au lieu d’être protégés. Il est vrai que ça s’est passé aux USA qui n’est pas, vu de chez nous au moins, un modèle de solidarité
Les alcolos en question sont des malades, en plus ils sont devenus les victimes du système bâti autour d’eux. N’est-ce pas ce qui s’est passé avec les victimes des subprimes avec en plus les conséquences vécues par les contribuables qui eux ne connaissaient même pas le bar ?
Je trouve que le mécanisme qui a généré la crise est bien décrit de cette façon et le second degré me plait ! Les larmes ne changeront rien, hélas, à la situation. Les événements sont survenus. Les financiers à l’origine de cette énormité ne réagiront pas à l’article. Enfin Claude, je suis sûr que tu feins cet air affecté

Écrit par : Thierry PACE - Consultrade | 03/12/2012

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